Le beau coup de Sijiri
Annoncé comme l’un des évènements notables de l’année en matière de mode, le Simoa n’a certes pas atteint les sommets, mais aura été un moment de découverte de nouvelles valeurs de la confection.
Mais que dire aussi de l’incursion de Sijiri Bakaba avec «sa collection» de l’époque napoléonienne ?
Samedi, la salle Ernesto Djédjé-F. Lougah du Palais de la Culture a été le théâtre du bouquet final de la 2ème édition du Salon international de la Mode africaine (Simoa). Baptisée «Nuit des
créateurs africains», cette soirée de la mode aura donné à voir de très belles choses. Comme cette incursion du théâtre dans le monde de la confection. Il est vrai que le fossé n’est pas grand
puisque qui dit théâtre parle «costume». Et qui mieux que Sijiri Bakaba, «le gardien du temple» pour faire cette transition ? C’est donc un public quelque peu curieux et patient qui a accueilli
Sijiri et ses «mannequins». Drapés dans des costumes de l’époque du roi Napoléon. C’est-à-dire le XIXème siècle français. Ici, la classification est nette. D’un côté les nobles avec leurs chapeaux
triangulaires, des vestes à longue queue et des pantalons chasseurs. Et leurs compagnes dans des robes bien évasées… De l’autre, les gradés militaires et le peuple qui se distinguent aussi par une
mise particulière qu’accompagnent des gestes de la bienséance. Un passage très coloré que le public a longuement salué.
Notons aussi l’ouverture réussie du show avec Michelle Yakice qui, avec des pagnes faits main, a retrempé le public dans les campagnes africaines... Mais ce pagne se déclinera pour donner des
belles tenues de ville, de plage, de bureau...
Outre ces faits inhabituels, les créateurs ivoiriens et leurs invités du Ghana et de la France ont, une fois encore, fait montre de leur créativité. Dans un décor qui rappelle l’histoire de
la mode et de l’habillement avec un métier à tisser, un séchoir traditionnel avec plusieurs étoffes colorées, l’on a enregistré de nouvelles pousses de la mode. Sans complexe, ils ont bravé la
présence des anciens comme Pathé’O, Ciss St Moïse, Michelle Yakice, Patricia De Médeiros... pour montrer qu’«ils sont l’avenir et qu’il faut compter avec eux». Citons Mashal. On peut dire qu’elle
est la reine de la lingerie. Ses vêtements assez suggestifs sont de véritables «phyltres» d’amour... Mathias Tato, Mariam Diallo et Cédé Couture, des jeunes stylistes jusque-là inconnus mais que le
public a pris plaisir à apprécier. Ici, la matière de prédilection est le pagne et le bazin qui se déclinent sous plusieurs coupes : robes de soirée, tailleurs et de superbes boubous pour toutes
les occasions de la vie quotidienne.
Que dire des invités de cette fête de la mode ? Allan David et Patrick Asanté du Ghana et surtout Pascal Kouakou de Toulouse en France qui initie une ligne de vêtements dénommée GW (gaou wear). Des
t-shirts, des bodys, des chemises simples ou retro... en hommage au
groupe de zouglou le plus populaire de Côte d’Ivoire, les Magic System. Ce sont en général des tenues très décontractées, de port facile et surtout pour un public cible : les jeunes.
Au total, une belle fête de la mode, de la créativité et du génie africain mais très peu suivie et soutenue.
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