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40 ans de Georges OUEDRAOGO

Grand bal pour un Naaba

Georges Ouédraogo, l’icône incontesté de la musique au pays des hommes intègres, a soufflé ses 61 bougies. Son pays, le Burkina, et la Côte d’Ivoire l’ont élevé au rang de chef. C’était le samedi dernier, à la salle SIAO de Ouaga.

C’est un Georges Ouédraogo tout sourire et à la fois au bord des larmes que nous avons retrouvé, juste après le grand bal qui lui était dédié à l’occasion de son 61ème anniversaire. Soixante années dont 40 consacrées à la scène. «Je suis très content. Tellement ému… je ne sais quoi dire. C’est un plaisir qui me dépasse», dit-il.
Né à Gogo-Komsilga, petit village situé à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, Georges est parti très jeune pour la Côte d’Ivoire où il intégrera quelques années après le célèbre groupe Bozambo de Jimmy Hyacinthe (Paix à son âme) ! La suite on la connaît : une belle et longue carrière musicale ponctuée par une vingtaine d’albums et d’innombrables concerts donnés çà et là.
Et, samedi dernier, à la salle climatisée du SIAO, le Gandaogo national (comme on l’appelle affectueusement) a reçu la reconnaissance du Burkina Faso, du président Gbagbo, du public et de ses amis musiciens. Il s’est vu décerner, des mains du ministre de la Culture, Filipe Sawadogo, la médaille d’officier de l’ordre national. Il a également reçu 2 millions du président ivoirien, 3 millions du Premier ministre burkinabé. Et surtout un standing ovation de la part d’un public conquis et fier de lui. «Laurent Gbagbo, je l’ai connu quand il était encore étudiant. Il n’était pas ce qu’il est aujourd’hui. C’est comme Aïcha Koné et moi. On s’est connus il y a longtemps. On ne peut pas s’oublier, si ce n’est à la mort peut-être», commente-t-il.
Ce soir-là, le public a eu droit à une fête pleine de nostalgie et empreinte de beaucoup d’émotions. Tout a commencé vers 22 heures sous les notes de Charly Sidibé et de Sami Rama. Deux artistes de la génération montante qui ont servi, dans des registres différents, des musiques qui ont fait appel à leurs terroirs respectifs : le peulh et le bissa.
Suivront tour à tour, Daouda Koné, Bamogo JC Man, Amy Koita, Bailly Spinto et Aïcha Koné.
Le premier, comme à son habitude, étalera avec «Célestine» et «Mon cœur balance», ses épineux problèmes sentimentaux, qui ont fait sourire toute la salle. Le second revisitera, dans une belle ambiance du passé, ses beaux tubes. Notamment, sa fameuse chanson “Pana ki, Pana zoé”, forte d’une belle leçon d’intégrité et de fierté. La troisième apportera cette touche mandingue indispensable pour faire l’éloge de Georges. Avant d’inviter toute la salle à danser sur ‘’Djarabi’’, sa chanson culte.
Le crooner ivoirien, Bailly Spinto, avant d’entonner ‘’Taxissougnon’’, a gratifié le public d’une belle prouesse vocale, dont lui seul a le secret. Il expliquera ensuite comment Georges avait fui le groupe dans lequel ils étaient tous les deux pour aller rejoindre Jimmy Hyacinthe dans une autre aventure en Allemagne.
Quant à Aïcha Koné, elle a sorti la grande artillerie. Avec ses danseuses au grand complet, qui ont su admirablement égayer le public, précisément sur «Baya». Et elle s’est souvenue : «Quand je commençais «Déni Keleni», je n’avais pas d’argent. Georges était à Paris avec Jimmy Hyacinthe. C’est lui qui a fait la batterie de mes chansons. Gratuitement. Dieu nous a prêté vie, aujourd’hui, il fête ses 40 ans de musique. C’est normal que je sois là…», a laissé entendre la diva.
Mais le point focal de cette soirée a été sans conteste la prestation de Georges lui-même. Même s’il a visiblement perdu de sa fougue d’antan, l’artiste a démontré qu’il a toujours la même constance dans la voix. En symbiose avec ses musiciens, Georges livrera une série très sélective de ses plus belles chansons, dans lesquelles toutes les générations présentes dans la salle se sont retrouvées.
L’autre temps fort, c’est l’image d’une Aïcha Koné en train d’arroser littéralement Georges Ouédraogo de billets de banque en n’en point finir. Le tout sous les “atalaku” d’une Amy Koita bien dans son registre.

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