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LA BEAUTE NATURELLE AFRICAINE

 

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STARMANIA

Le show de Gbagbo

Tout paraît normal ce 28 mars autour de 20 h 30 à la rue Princesse de Yopougon. La «citadelle» abidjanaise de la joie débridée s’apprête à faire la fête comme tous les soirs. Entre les taxis wôrô wôrô, les vendeuses de poissons et viandes braisés et autres commerçants ambulants, les premiers noceurs prennent leurs quartiers dans les maquis et boîtes de nuit. En attendant le gros des noctambules qui débarquent généralement autour de 23 heures, voire minuit. Du maquis Shangai au Queen’s, en passant par l’Escalator, le Jackpot, le Cyclone bar etc, les baffles crient à tue-tête toutes les chansons en vogue. Pendant ce temps, l’immuable défilé des jeunes filles, généralement très sexy (une autre marque de fabrique de la rue Princesse) a lui aussi commencé. A côté de ce va-et-vient habituel, on remarque aussi celui des éléments des Forces de l’ordre.
A 22 h 30, plusieurs “corps habillés” occupent la zone du Café Cacao night club. Les badauds qui soupçonnent alors que quelque chose se prépare ce soir à la rue «s’agglutinent» non loin de là. Mais à 23 h 10, c’est du côté du Queen’s night club que le cortège présidentiel qu’on n’a pas vu venir s’immobilise. «Le Président Gbagbo est à la rue Princesse». Lance quelqu’un. Branle-bas dans les maquis. Certains clients abandonnent illico les bouteilles pour aller voir ce qui se passe. Tous ceux qui, attirés par le dispositif de sécurité, attendaient du côté Café Cacao, rejoignent le cortège au pas de course. A quelques mètres du Queen’s night club, le président et sa suite ont déjà mis pied à terre. Ils rejoignent l’établissement. La garde rapprochée s’affaire fébrilement pour éviter tout débordement. Dans la délégation, on reconnaît le député français Jack Lang et l’architecte Pierre Fakoury. A l’entrée de la boîte, c’est le contrôle. Très strict. Il faut montrer patte blanche. A l’intérieur du Queen’s, le président et sa suite qui ont pris place dans un salon sont sous les flashes et objectifs d’une forêt de caméras et d’appareils photos. Le DJ du coin balance Mario de Franco. Mais occupé avec les chasseurs d’images, le président et sa suite ne réagissent pas. Après Franco, le DJ annonce Madilu, un autre maître de la rumba congolaise. Toujours pas de danseurs. Mais quand résonnent les premières notes du titre «Je suis dans la joie» de Pasteur Guy, Jack Lang, le créateur de la Fête de la musique, qui a visiblement des fourmis dans les jambes  commence à se trémousser sur la piste de danse avec une cavalière. Mais c’est  le croustillant Vis-à-vis de Meiway qui va attirer tout le monde sur la piste, y compris Laurent Gbagbo.
A ce moment-là, la piste s’avère trop petite à cause des journalistes, photographes et autres gardes du corps qui ont eux aussi investi l’espace. Sur un des écrans télé de la boîte, un reportage sur la Première dame passe au dernier journal télévisé de la Première. Mais le président ne le voit pas, concentré qu’il est sur ses pas de danse. Après Meiway, le DJ enchaîne avec le très à la mode Bobaraba de Elloh DJ et Mix DJ. Trop tard. Laurent Gbagbo et sa suite ne danseront pas au son de cette musique, ce soir. Ils ont déjà quitté la piste de danse et la garde rapprochée leur ouvre le passage pour qu’ils sortent. Dehors, une foule immense est massée devant la boîte. Pendant que certains scandent «Prési ! prési !», d’autres plus audacieux répondent : «Il faut travailler, il faut travailler»… le cortège démarre. C’en est fini de la visite de Laurent Gbagbo à la rue Princesse.

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