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17 Septembre 2008
ABOU NIDAL “Je ne suis pas un saint”
«Personne n’a le monopole du devenir de quelqu’un.»
Cette célèbre phrase reprise dans la cité par bon nombre d’Ivoiriens, porte la signature de Abou Nidal de Genève. Boucantier dans l’âme, artiste chanteur par passion, l’homme est un véritable battant qui a pris sa revanche sur les coups de la vie.
«J’ai tous mes papiers au complet ! Je me suis marié à Genève en 2005 et mon épouse y vit. Après avoir fait quatre ans en Allemagne, un an et demi aux USA, quelques mois en France et en Angleterre, j’ai décidé de rentrer au pays pour m’exprimer. Je peux aller en Europe quand je veux.
Quand je partais pour Bengué, je ne me suis pas arrêté sur une place publique pour le dire à tout le monde. Je rentre chez moi pour y rester, c’est la même logique.
Mais, je retiens une chose de tout ce qui se dit : Quand tu n’es pas important, on ne parle pas de toi. J’ai une place dans la société ivoirienne, je le constate et c’est bien !»
«C’est vrai, je suis issu d’une famille nombreuse. Mon père était polygame avec trois femmes et 35 enfants. Ma mère en a eu 15. Je n’ai pas connu les cadeaux d’anniversaire, il a fallu que je me batte pour survivre et avoir une certaine reconnaissance familiale. Sinon, je suis mécanicien caterpillar diplômé. Mais quand on est d’une famille nombreuse qui est pauvre, il faut faire fonctionner ses méninges pour trouver de quoi aider les parents. Plusieurs de mes grands frères sont décédés, je me suis retrouvé chef de famille. Il fallait que je parte en Europe pour avoir les moyens de soutenir les autres.
Chez nous, les dioulas, la solidarité est de mise. Le grand frère donne la main aux autres.»
«J’ai fait des choses pas bien, je le reconnais. Je ne suis pas allé en Allemagne pour contempler le mur de Berlin ou en France pour admirer la Tour Eiffel. J’avais besoin d’argent et en territoire inconnu, livré à moi-même, j’ai posé certains actes comme utiliser une fausse identité, faire de faux papiers pour pouvoir travailler dans un restaurant. Et puis une autre fois, j’ai été impliqué dans une bagarre. Donc en Allemagne, j’ai eu deux fois affaire à la justice. Sans compter les petits recels. Des arabes sortaient des marchandises illégales de certains magasins, me les donnaient et moi, je revendais. C’est un délit, mais dire que moi-même, j’ai volé des gens ou escroqué, non !»
«Ce que je n’ai pas eu en 10 ans en Europe, je l’ai eu en deux ans de présence ici.
A la limite, je lancerai ce message à mes frères : si tu vas que tu réussis là-bas, rentre chez toi après pour fructifier» .